L’HOMME, LA PLUME, L’OISEAU  : ce thème en appelle à des données de vie bien réelles avant que d’exploser vers les nombreuses formes de l’imaginaire. Situé toujours aux confins de l’homme ou en son centre, l’oiseau est l’homme tel qu’il se rêve et s’invente. Il est la grâce, l’agilité, le vol, la beauté, l’audace et la mobilité. Il est la connaissance, la médiation, l’initiative toujours renouvelée. Qu’on pense au symbole de Phénix qui renaît de ses cendres, au mythe d’Icare qui monte vers le ciel alors que sur un tas de foin des amants rustiques s’enlacent, qu’on pense aux oiseaux de Braque ou à la colombe de Picasso, qu’on songe à Léda et au Cygne, à l’hirondelle qui ne fait pas le printemps, aux tourterelles des amoureux, l’oiseau chez nous cristallise une fascination, un désir, un élan. Foyer de lyrisme et de spéculation, de pensée intimiste ou prospective, il est ce point où convergent les perfections et où s’élabore, pour l’homme occidental, l’équivalent d’une quatrième dimension.
DANIEL SCHOEPF
CONSERVATEUR AU MUSEE D’ETHNOGRAPHIE DE GENEVE